Anxiété : "La maladie des inquiétudes"

Comment décrit on habituellement l'anxiété ?

 

On a coutume de dire qu'il s'agit d'un mécanisme de défense. Elle est donc bien l'effet d'un processus dont elle procède, est elle bien une conséquence, non une cause.

C'est un mécanisme de vigilance nous permettant de réagir à une menace, une peur, une agression, une culpabilité, etc. Jusque là, tout va bien, c'est plutôt une alliée présentée comme ça.

Parfois, le mécanisme peut  "s'emballer", avoir pour autres effets des troubles anxieux de tous ordres (TAG, attaques de panique, etc), et peut s'installer de façon assez pérenne dans votre quotidien.

 

Quelles sont les manifestations de l'anxiété ?

 

Cela va du petit inconfort psychologique à la souffrance physique via une multitude de stades douloureux psychiquement et/ou physiquement.

Néanmoins, certains ressentis sont assez caractéristiques dès lors qu'ils deviennent récurrents et envahissants :  inquiétude, irritabilité, sensation diffuse de culpabilité non identifiée, sensation d’oppression, difficultés à respirer, vertiges, palpitation, sensations de brûlure dans la poitrine, sueurs froides, nausées, transpiration excessive, tristesse non identifiée, insomnies, sentiment d'être dispersé, fatigué, agité, etc.

 

A noter qu'il y a une multitude de formes d'anxiété référencées dans la "Bible" des affections psychologiques j'ai nommé le DSM, je ne citerai que les principaux :

 

- Les phobies ;

- Le trouble d'anxiété sociale - phobie sociale ;

- Le trouble anxieux généralisé ;

- Le trouble panique avec ou sans agoraphobie ;

- Stress post-traumatique ;

- Les troubles obsessionnels compulsifs...

 

 

Quels sont les processus ayant pour effet l'apparition de symptômes anxieux dans la vie des personnes ?

 

Il y a autant de processus originaux que de personnes sur Terre ! En sus, elle peut être l'effet de multiples facteurs conjugués ! Seule l'externalisation du vécu unique de la personne pourra permettre de remonter la chaîne des effets...

 

 A noter que l'on présente souvent certains ressentis, par exemple la perte de confiance en soi, comme un "effet" de l'anxiété... alors que l'anxiété peut tout à fait être "l'effet" d'un sentiment de manque de confiance pré-existant... la vieille histoire de l’œuf et de la poule en somme.

 

Comment dissoudre l'anxiété ?

 

La thérapie narrative vous invite à raconter l'histoire de l'anxiété qui s'est installée confortablement dans votre vie. Quand, comment a-t-elle fait son apparition, comment s'y est-elle pris pour rester ? Revisiter son histoire permet de considérer différemment le déploiement du problème, petit à petit, le discours à son sujet se modifie, puisqu'il se trouve alimenté par des anecdotes qui avaient été totalement occultées, oubliées. De fait, les interprétations, les conclusions tirées jusqu’à présent se trouvent naturellement modifiées et une compréhension nouvelle peut alors émerger.

 

Notre cerveau organise et réorganise les faits et leurs liens de causalité en permanence afin que cela ait du sens pour nous. Le souci... c'est qu'il fait cela à notre insu ! C'est de cette manière qu'une histoire dominante se construit, se fortifie. C'est à la lumière de cette histoire dominante, parfois toxique, que les personnes considèrent leur identité. C'est dans cette histoire que se construisent les processus dans lesquels nous pouvons nous trouver piégés par la suite qui auront pour effet de l'anxiété - entre autres -, quelle que soit la forme que celle-ci prendra.

 

Selon le psychologue Yves-Alexandre Thalmann : "la manière dont nous appréhendons les choses détermine davantage notre qualité de vie que les événements eux-mêmes".

 

Les conversations thérapeutiques narratives permettent de revisiter l'histoire dite dominante afin de rendre visible les processus actifs dans la vie des personne étant en  contact avec l'anxiété. Ces prises de conscience modifient de facto la relation que l'on a avec le symptôme anxieux.

 

"Il y a une multitude de versions possibles prenant appui sur les mêmes faits. Certains points de vue débouchent sur des émotions tristes alors que d'autres contribuent à nous rendre joyeux. Ce que nous choisissons comme point de comparaison est crucial pour notre bonheur..." (Catherine Millard)

 

Aurélie Dugué

Psychothérapie et kinésiologie